Et si nous étions responsables ?

Article : Et si nous étions responsables ?
8 août 2020

Et si nous étions responsables ?

Alors que j’étais tranquillement préoccupé par la rédaction d’un document, j’ai reçu la visite d’une sympathique jeune femme. Je me demandais encore ce qu’elle venait chercher dans mon environnement de travail, quand ses salutations interrompirent ma réflexion. De toute façon, je n’allais pas tarder à le savoir.

Au fait, elle voulait recueillir mon avis sur une étude de marché. Elle préparait le lancement d’un produit écologique : un foyer fonctionnant avec du charbon écologique. C’est bien beau, n’est-ce pas ? Qui n’adhérerait pas à un tel projet ? Surtout quand il est si bien présenté.

Photo Et si nous étions responsables
sur le bio et la protection de notre environnement avec Foumilayo Assanvi

Iwaria iconAMISOM via Iwaria

À la question de savoir si je serais prêt à acheter son produit et à en assurer l’entretien, je lui ai répondu que tout dépendait. Elle essayait de me convaincre en présentant des arguments liés à la sauvegarde de la planète. Les avantages de son produit pour l’environnement dans lequel nous vivons étaient difficilement contestables. Alors, j’ai argué ce qui suit : « Si je suis le seul à acheter votre foyer écologique, cela ne changera strictement rien à la situation climatique et écologique mondiale. A moi tout seul, ou même à nous deux, on ne pourra rien y changer« .

De qui dépend la sauvegarde de notre environnement ?

Oui. Je le redis encore. Si, aujourd’hui je décide de changer entièrement de mode de vie, que je ne mange que des produits bio, que je consomme de l’énergie verte, que je recycle tous mes déchets et que le comportement de tous les autres ne change pas : il ne se passera rien. Le retour à la normale est fortement tributaire d’une action collective et simultanée.

Le réchauffement climatique bat son plein. La terre s’appauvrit. L’érosion côtière gagne du terrain. L’air est de plus en plus irrespirable. Il fait de plus en plus chaud. Cet article tout entier ne suffirait pas pour énumérer les manifestations des dégâts des activités humaines sur l’environnement et la nature. Certes, nous partageons tous la responsabilité de cet état de choses, mais certains ont une part de responsabilité plus importante.

La responsabilité des entreprises dans la décrépitude de notre environnement

Il faut dire que le modèle capitaliste de notre société contribue pour beaucoup à cette situation. Le socle de ce modèle étant les entreprises, il est important de se demander quel rôle elles jouent dans la crise climatique que nous vivons et comment elles peuvent atténuer l’impact de leurs activités.

Même si plusieurs acteurs politiques tentent de minimiser l’impact que l’activité des entreprises dans la modification de la nature, il n’y a aucun doute sur la manière dont les entreprises se sont rendues responsables à travers la pollution. Produire et rechercher du profit n’est pas le reproche qu’on doit leur faire. Ce qui doit leur être reproché est le fait de ne prendre aucune mesure pour atténuer l’impact qu’elles ont sur la santé et sur l’environnement.

Imaginons que nos entreprises utilisaient toutes des mécanismes écologiques ou du moins certains d’entre eux : énergie verte, recyclage des déchets… Le taux de pollution se verrait ainsi réduit, n’est-ce pas ?

Pourtant, à elles seules elles ne changeront rien non plus. Les entreprises produisent des biens et offrent des services afin de satisfaire les besoins de la clientèle. Implémenter des stratégies et des techniques de production respectueuses de l’environnement a un coût. Ce coût est tout simplement répercuté sur le prix des denrées et des produits finis. On en a pour preuve le coût des produits bio qui sont parfois jusqu’à sept fois plus chers que les produits conventionnels. Il faut ici néanmoins préciser que la mauvaise foi des grandes surfaces y est pour beaucoup.

Les marges qu’elles font sur les produits bio sont juste hallucinantes. Les producteurs locaux se font tout simplement dépouiller par ces grandes firmes, qui revendent à prix d’or les produits labellisés bio.

Malgré tout, le bio est un peu plus cher. Sommes-nous prêts à payer plus cher pour sauver notre planète ? C’est là que réside également la responsabilité de tout un chacun.

La responsabilité des consommateurs

Le foyer écologique, que l’on venait de me proposer devrait coûter deux fois plus cher qu’une bonbonne de gaz classique. Si ce produit me revenait moins cher ou au même coût que ma bonbonne de gaz, je pense que je n’aurais pas hésité un seul instant à assurer la dame de mon engagement à l’acheter. Cette réticence est dûe au pouvoir d’achat de chaque consommateur et à la volonté de faire perpétuellement des économies.

Photo Et si nous étions responsables
sur le bio et notre environnement avec Foumilayo Assanvi

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Consommer du bio ou des produits respectueux de l’environnement coûte cher. Il est difficile de prouver le contraire. Si le pouvoir d’achat est généralement insuffisant pour cela, deux options s’offrent : augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs ou réduire le coût des produits bio.

Dans les deux cas, l’Etat devra jouer son rôle de modérateur et de régulateur de la vie économique.

Polluer est également l’un des reproches majeurs qu’on peut faire à certains consommateurs, qui ne cachent pas de jetter leurs ordures et leurs déchets n’importe où. S’il faut un réveil collectif, les petits gestes pour l’environnement de chacun ne seront jamais de trop. La sanction de la bêtise devrait être de plus en plus importante. Là aussi, l’Etat doit intervenir.

La responsabilité de l’État

Le rôle des États dans le redressement de l’ordre climatique est plus que primordial. Pour augmenter le pouvoir d’achat des consommateurs, il est évident que l’initiative ne pourra venir des entreprises. C’est l’Etat qui doit ainsi rehausser les planchers salariaux et obliger les entreprises à mieux rémunérer leurs salariés. Dans le deuxième cas, l’Etat aura à plafonner les prix des produits bio pour ne pas laisser place à la surenchère et les rendre accessible à tous les consommateurs. Cela doit bien évidemment s’accompagner de subventions, sans lesquelles les producteurs locaux se verraient condamnés.

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sur le bio et notre environnement avec Foumilayo Assanvi

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Il ne suffit pas de le dire ou de le consacrer dans une loi et d’en faire un vœu pieu. L’Etat doit opérer une véritable chasse aux sorcières, surtout du côté des distributeurs. C’est d’ailleurs à ce rôle qu’il joue souvent aux abonnés absents. Ce n’est pas les lois, créant des obligations aussi bien pour les citoyens que pour les entreprises qui manquent. C’est plutôt l’application de ces lois ainsi que la sanction des contrevenants, qui fait souvent défaut.

Vous l’aurez compris. Nous sommes tous responsables d’une manière ou d’une autre de la destruction progressive de notre planète. Des efforts unilatéraux n’auront qu’un impact très minime s’ils ne s’inscrivent pas dans une démarche collective de restructuration de notre mode de consommation. C’est le seul moyen de créer un cercle vertueux de consommation et de production respectueux de notre planète.

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